- Ferdinand Revoul et le Cartonnage
- Artisanat


FERDINAND REVOUL ET LE CARTONNAGE

Vers les années 1840 rien ne laissait prévoir que Valréas, petite ville du Vaucluse deviendrait un jour le centre le plus important de France pour la fabrication des boîtes en carton.

Parallèlement à une activité agricole très intense, se développait d’une façon considérable l’élevage des vers à soie à la suite de nombreux voyages en chine et au japon de quelques familles valréassiennes, telle la famille Meynard. Il se crée alors sur le territoire de Valréas de nombreuses filatures, magnaneries et marchés pour la vente de cocons de vers à soie.

Le ver à soie est tout simplement la larve ( chenille) du Bombyx du mûrier ( Bombyx Mori ) un papillon de nuit qui vit à l’état sauvage en Orient.

Ce papillon après l’accouplement pond des milliers d’œufs qui bientôt se transforment en chenilles. Celles-ci se nourrissent exclusivement de feuilles de mûrier blancs, d’où la grande quantité sur le territoire de ces arbres exotiques. Au bout de plusieurs mues, elles vont se transformer en papillon. Avant cette métamorphose, au dernier stade de leur état larvaire,, elles vont produire une substance appelée soie, sous forme de fil extrêmement fin. Elles s’entourent de ce fil jusqu’à ce qu’un cocon appelé chrysalide se forme autour d’elles. Un cocon est formé d’un seul fil qui peut atteindre plusieurs centaine de mètres de longueur. C’est ce fil une fois traité qui sert à confectionner les tissus de soie naturelle.

Lorsque le cocon est formé et avant que le papillon n’en sorte, ils sont ébouillantés ce qui a pour but de tuer la chenille à l’intérieur, le cocon est alors tout simplement déroulé comme une pelote de laine dont il a la forme. Cette action s’appelle le décoconnage.

Monsieur Meynard, sériciculteur, avait alors des problèmes. Les œufs de Bombyx qu’il recevait collés sur des petites plaquettes de carton arrivaient bien souvent détériorés du lointain voyage depuis l’Orient. Un jour il fit part de ses problèmes à un de ses amis, Ferdinand Revoul qui tenait un commerce rue de l’Hôtel de ville à Valréas. Il vendait des épingles, des perruques, des lacets et tout autres accessoires utilitaires que l’on pouvait trouver dans une mercerie ( Le magasin existe toujours et s’appelle " aux dix-milles articles ".

" Toi qui est habile et qui sait tout faire sde tes mains,   lui dit-il, tu devrais m’arranger ces cartons car à chaque envois les œufs sont écrasés ! " Ferdinand Revoul attrapant alors ciseaux, règle et colle lui confectionne une boîte de son invention qui semble correspondre aux exigeances de Monsieur Meynard. Il lui propose alors de lui fabriquer toutes les boîtes nécessaires à l’exportation des " graines de vers à soie "   comme l’on nomme en jargon de métier.

Se mettant d’arrache – pieds au travail, il invente des machines qu’il construit en bois et monte dès 1840 sa propre entreprise de fabrication de boîtes pour conditionner ces graines et propose ses services aux exportateurs qui sont de suite unanimément satisfaits.

Il crée une boîte dite : " à courant d’air", servant exclusivement aux transport des graines de vers à soie en assurant une entière protection tant sur le plan écrasement et conservation que ventilation.

La demande de production devenant de plus en plus importante, il va à Paris pour se faire confectionner des machines : cisailles et emporte-pièces sont confectionnés en fonction de ses plans et il dépose les brevets de ses inventions.

Attirés par ce genre de conditionnement, les pharmaciens et les bijoutiers sont rapidement intéressés par ces boîtes qui correspondent aussi à ce qu’ils souhaitent.

A 50 ans, Ferdinand Revoul meurt et sa femme prend la relève de la fabrique, aidée par son fils Xavier et c’est son frère Auguste qui donne sa véritable impulsion à l’industrie du Cartonnage. Aujourd’hui encore , Valréas malgré la forte régression du nombre des cartonnage, reste la capitale mondiale de cette spécialité.

C’est vers l’année 1870 que parallèlement à tous ces cartonnage se développent les nombreuses imprimeries où les ouvriers typographes, graveurs et imprimeurs nous dévoileront toute la grandeur de leur art en créant des étiquettes magnifiques qui comportaient jusqu’à 12 couleurs différentes pour arriver à un résultat de perfection très rarement égalé de nos jours.