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- St Martin des Ormeaux (fête de la St Jean)


ST MARTIN DES ORMEAUX
(FÊTE DE LA ST JEAN)

L’Eglise de Saint-Paul-Trois-Châteaux a compté un grand nombre d’Evêques, tous ayant mérité les honneurs dus aux Saints, tant par leur œuvre apostolique que par leur grande piété. Martin a été le 26ème Evêque connu de Saint-Paul et élevé à ce poste en l’an 657. Sa vie fut si exemplaire qu’il reçu le nom de Saint dont la fête est célébrée le 23 Juin.
Quelques années après avoir été élevé au rang d’Evêque il fut frappé de la lèpre. Ne pouvant plus exercer, il se retira dans une maison de campagne appartenant au Comte de Viriville, située sur le territoire de Taulignan dans le diocèse de Die.
La date de sa mort n’est pas connue, mais ce qui est sur, c’est que tout au long de son supplice, il est resté un exemple de dévotion malgré l’obligation de se séparer de la société qui interdisait aux lépreux toute relation et contact avec la vie normale.

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Prieuré de Saint Martin.

Martin, tout comme les autres lépreux était considéré comme subissant le purgatoire en ce monde, et la séparation forcée de la société était consacrée par des cérémonies et des prières funéraires. C’est certainement au cours d’une telle cérémonie que Martin, futur Saint, a été conduit dans sa retraite à Taulignan.
L’ histoire raconte qu’à proximité de sa demeure coulait une source dans laquelle il lavait quotidiennement ses plaies et ses yeux car devenu également aveugle. Cette source, toujours là, toujours claire, passe pour être miraculeuse et soigner les maladies de peau et des yeux. C’est d’ailleurs à cause de cette cécité qu’au levant de sa retraite forcée, sur une petite colline où il se promenait tous les jours, que des fidèles lui tracèrent un petit sentier de lauzes dressées lui permettant de se guider et d’aller se recueillir au sommet de celle-ci à l’ombre d’un chêne vert.
Sentier entretenu au fil des ans et qui existe encore.

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Source miraculeuse de Saint Martin à Taulignan.

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Les historiens pensent que Martin est mort assez jeune, car il est noté dans l’histoire de Montalembert que « Martin, de bonne heure mûr pour le ciel rendit son âme à Dieu, et son corps naguère objet d’horreur fut alors vénéré. » Sa glorieuse dépouille fut inhumée dans l’endroit même où il avait été exilé. Jamais au cours des siècles, ce lieu Saint et ce personnage ne furent oubliés. Vers le X/XI ème S., une chapelle fut édifiée sur le lieu de son tombeau et tous les 23 Juin eut lieu une fête pour vénérer le grand Saint dont la renommée était très étendue dans la région. Par la suite au début du XIV ème S., un Prieuré portant son nom a été construit à côté de celle-ci, et a été actif jusqu’en 1737.
C’est à cette époque que probablement fut remplacé le patronyme de « Saint martin le Lépreux » par celui de « Saint Martin des Ormeaux », arbre dont l’écorce fendillée et boursouflée rappelle les plaies des lépreux.
Après encore quelques siècles, les précieuses reliques furent recueillies et transportées à Alençon. Très peu de précision sur ce lieu qui pourrait être le château d’Alençon vers La Roche Saint-Secret ou à la ferme fortifiée Templière d’Alençon à l’Est de Taulignan. Des études sont en cours pour essayer de mieux interpréter les textes en Latin.
Vers la fin du XIV ème S., arrive Raymond de Turenne qui ravage la région avec ses troupes. Montagu, à quelques centaines de mètres d’ici fut rasée, Alençon menacée comme beaucoup d’ autres villes de la Provence.
Le 27 juin 1398, les Saintes reliques, devant toutes ces menaces, sont transportées dans un coffre et enterrées au couvent des Cordeliers à Valréas, sous la protection de Déodat d’Estaing nommé Evêque de Saint-Paul la même année.
Tous les 23 Juin, les reliques sont sorties en procession. Puis en 1519, pour des raisons de sûreté, elles sont désormais par décision municipale, déposées dans la chapelle Saint Antoine de Padoue et ne sont plus sorties de ce lieu.
C’est en 1630 qu’une partie des précieuses reliques sont enchâssées dans un buste en argent, et une autre
partie acheminées vers Avignon. A la destruction des Cordeliers, le buste fut alors entreposé dans une chapelle à l’Eglise de Valréas où il est encore visible. Ne pouvant plus être vénéré lors du cortège du 23 Juin, c’est Saint Jean Baptiste enfant, fêté le lendemain 24 Juin qui se substitue à Saint Martin des Ormeaux, le jour du solstice d’été, et que toute la population de la région vient acclamer pour demander sa protection dans la nuit du 23 au 24..

Le déroulement de la fête :
Les gens allaient quêter de porte en porte des fagots pour composer les feux. Ensuite ils allaient cueillir des fascines d'ajoncs, des genêts, des mauvaises herbes ainsi que des pins ayant servis de reposoir pour les fêtes des dieux.

Le tout était entassé autour d'un mat qui surmontait un gros bouquet. La flamme devait atteindre les fleurs du bouquet et brûler jusqu'à la dernière. Ensuite, le curé récitait les lituanies de la Saint -Jean, puis on chantait et on dansait.


Les différentes coutumes :
Pour pouvoir être assuré d'un mariage avant la prochaine Saint -Jean, les hommes et les femmes devaient marcher ou sauter par dessus le feu.
Les bestiaux quant à eux devaient passer à côté des feux en s’imprégnant de fumée afin d'être préservés de maladies contagieuses ou d'accident quelconque.
Certains gardaient un tison du feu et le plaçaient prés de leur lit entre une brindille de buis bénite et un morceau de gâteau pour se préserver du tonnerre.
Dans certaines localités les gens plaçaient des pierres autour du feu pour que les morts viennent se réchauffer, d'autres prenaient tous les bassins et les chaudrons dont ils disposaient et faisaient de la musique bizarre en promenant.

LA NUIT DE LA SAINT JEAN A VALREAS :

La nuit de Saint-Jean, qui a pour théâtre la majeure partie de la ville, se déroule en quatre phases successives, chaque année, le 23 juin à la nuit tombée.

  1. LE PETIT CORTEGE
  2. Franchissant le portail sud de l’église Notre-Dame où sont déposées les reliques de Saint Martin des Ormeaux apparaît le cortège du petit Saint-Jean de l’an passé, porté par le capitaine Pontifical, celui-ci est précédé de son Etendard, de ses gens, des tambours, des porteurs de torches, des hallebardiers ainsi que des grands personnages qui sont :

    - Consuls,Viguiers, Commandants d'armes.
    - Porte-clefs de la Ville, Porte-flammes.
    - Les grandes Familles et le Prince à l'agneau.
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    Le petit Saint-Jean de l’an passée va transmettre ses pouvoirs à son successeur. A l’arrivée du nouveau Prince au château, le cortège disparaît dans la nuit.

  3. LA CEREMONIE
  4. Elle se déroule dans la cour d'honneur du château de Simiane, cette cérémonie est annoncée par les sonneries des trompettes.
    Le petit Saint-Jean de l'an passé va transmettre au nouveau St Jean sa bénédiction et sa croix, emblème de sa royauté.
    L'Etendard du roi des Bouviers de l'année et l'étendard personnel de Saint Jean lui sont présentés .
        
    Les moinillons apportent à l'enfant Roi les offrandes de toute la population, sur une musique sublime.
    Pour terminer cette phase ils se retirent laissant Saint Jean sur son trône, entouré des grands personnages du reste de sa maison.
    L'Enfant roi , pour la première fois de son règne, bénit la foule rassemblée sur la grand-place.

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  5. LE GRAND CORTEGE
  6. Le cortège quitte le château de SIMIANE :
    La Grande Confrérie des Bouviers, comprend :
    En tête, l'étendard de l'année porté par un page, le char des Bouviers tiré par une paire de bœufs conduit par leur bouvier et portant " l'araire " et son laboureur, les quatre étendards des années précédentes, le tout encadré par les confrèries agricoles, porte-insignes, prieur et bayle, du Roi des Bouvierset ses lieutenants (à cheval)
    Le cortège commence son périple dans les rues et grandes avenues de Valréas : Saint Jean, bénissant sa ville et la foule immense.
    Sur la partie du cours du Berteuil, cours Victor-Hugo, cours de la Recluse, le Grand cortège se déroule uniquement à la lueur des torches, ce qui ajoute un fleuron supplémentaire au caractère surnaturel de cette manifestation.

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  7. L'APOTHEOSE
    Saint Jean ayant parcouru et béni sa ville, revient avec son merveilleux cortège au château de Simiane.Le jeu scénique de l'immense cortège remet tous les personnages en place sur le vaste podium. Saint-Jean regagnant son trône.
    Et sur l'admirable et émouvant chant de joie, l'apothéose prend fin.
    Illuminée, la somptueuse bannière de Saint Jean, tout en haut du grand escalier, disparaît doucement dans l'ombre, comme si elle gagnait le ciel. Et Saint Jean, petit Roi sorti de la nuit, retournera à sa légende, protégeant Valréas pendant toute la durée de son règne.

Jusqu'au 23 JUIN DE L'AN PROCHAIN.